Quand on pense vivre pour toujours

novembre 26, 2011

J’ai la tête vidée par la cyber dépendance, celle qui nous plonge dans un monde d’images qui défilent sans arrêt. L’important est relégué à plus tard, à jamais si possible. Les rêves et les idées gardent toujours la même distance et ce même si je cours de plus en plus vite vers la fin.  D’un écran à l’autre, épuisé par la télé, je change pour le rien de l’ordinateur, souvent pendant des heures. Les journées deviennent minutes, la vie, un jour ou deux qui se répètent.

« Il me semble que ça fait longtemps.

-       De quoi donc ?

-       Tout, ça fait longtemps de tout. »

Le niveau de bonheur acceptable me paraît un peu bas. Pourquoi sommes nous si heureux ? Le plan est uniformisé, tous savent quoi attendre et il y aura toujours quelque chose à attendre, la même chose pour tout le monde, même les artistes. On attend d’avoir du temps libre, simplement pour le perdre, tout comme on dépense de l’argent facilement gagné. On a hâte de faire des choses et quand on les fait c’est bien. Sans plus de sens.

« Il me semble que je viens tout juste de faire ça !

-       Ç’était hier.

-       C’est encore à recommencer ! »

Payer toujours le même mois de loyer et la même nourriture ça fait du sens seulement si on croit que la mort ne viendra jamais, si on pense vivre pour toujours. Il est d’un commun savoir que ce qui compte à la fin c’est comment on se sera donné, mais il n’y a jamais un repère qui dit où et quand commencer. On donne quoi, à qui et quand. Par déduction, ayant lu un peu de philosophie populaire, le meilleur moment, ça doit être maintenant… je vous gage.

Le prédateur de l’homme

juillet 20, 2011

« Ça sent le malade » Qu’elle a dit en m’apportant du riz.

Ce morceau de vieux formage m’a presque achevé. Une chance que je n’ai pas de prédateur naturel à part le temps. Dans la nature, cette mauvaise gestion de ma digestion aurait fait de moi une proie facile pour les gros carnivores. Faible, alité, gémissant et en plus il paraît que ça sent, comme du sang dans l’océan. Heureusement que mes portes étaient barrées, il ne m’est rien arrivé.

Il n’y avait que le temps qui me guettait, lorgnant par la fenêtre, à l’affut d’une brèche dans ma routine, d’une erreur plus grave de manipulation, d’une cellule qui ne se duplique pas correctement ou d’un battement irrégulier de mon coeur. Un jour il m’aura qu’il me dit.

« Un jour je t’aurai » Qu’il vient de me dire.

Il ne me lâche jamais.

Le temps nous fait subir la torture de la goutte, la plus discrète. Sans qu’on ne s’en rende trop compte, il nous saigne à petit feu et il nous enlève tout. Il ride nos visages et nous enlève nos cheveux.

Il pique nos cœurs de peines d’amour jusqu’à ce qu’il réussisse à nous faire croire que l’amour n’existe pas. Il brise rêve par rêve en augmentant petit a petit notre besoin de sécurité jusqu’à ce que l’on finisse par plier.

« ok c’est bon, je wrap mes reers, je m’achète un condo et je resterai au bureau »

Et hop 25 ans de gagné pour le temps. L’hypothèque est sa meilleure arme, il gagne le quart de votre vie d’un seul coup de crayon en espérant que nos obligations nous forceront à endurer des situations qui ne conviennent plus encore très longtemps.

La peur de perdre ce que l’on a acquis, la phobie de recommencer à zéro, l’anxiété de manquer d’argent.

Pour nous inciter à stagner, le temps nous fait croire qu’il est trop tard pour tout. Même très jeunes, nous sommes déjà trop vieux qu’il nous amène à penser.

« Jouer au hockey, hahaha, mais tu a 10 ans, tous les autres ont commencé à 6 ans, les autres petits garçons seront tous meilleurs que toi »

« Changer de domaine, hahaha, mais tu as 40 ans, ça fait 20 ans que des milliers de diplômés sortent des universités pour faire la même chose. Qui voudra former un vieux pour simplement le mettre a niveau d’un plus jeune. »

Ensuite, le temps utilise contre nous nos instinct les plus reptiliens qui nous poussent a toujours aller vers ce qui est le plus facile et vers ce qui demande le moins d’énergie. C’est donc pour cela qu’il passe plus facilement devant un écran que sur un vélo ou dans des souliers de course. Les manettes sont faites en plastique, matériel beaucoup plus léger que la fonte. Pour nous avoir à l’usure, il atrophie nos muscles et raccourci notre souffle.

Une fois la forme perdue, il nous engraisse et obstrue nos artères en reliant pratiquement toutes nos activités autour de la satisfaction de nos besoins primaires tel que manger et boire. Manger et boire sont devenus des loisirs et non plus une fonction de survie.

« Tu viens prendre un verre ?
- Non, je ne peux pas, ce soir j’ai un souper. »

Une fois gras, pas en forme et sans espoir, il ne lui reste qu’à venir nous cueillir.

Ce qu’il faut faire pour combattre le temps.

Ce que le temps n’aime pas, c’est quand on ne le voit pas passer, que l’on l’ignore. On met du retard dans ses plans lorsque l’on rit de bon cœur et que l’on pratique un sport ou une activité qui nous absorbe totalement. C’est encore plus efficace lorsqu’on a un métier qui le fait passer aussi bien qu’un passe temps.

« Le temps a passé vite » Mais quelle horreur aux oreilles du temps.

Le temps aime lorsqu’on est obligé, contraint ou que l’on reste avec nos mauvais choix bien longtemps car c’est lorsqu’il passe le plus lentement qu’il à accès à notre conscience de notre perte contre le temps.

Il faut que le temps cesse d’exister.

Ne pas voir le temps, c’est signe que l’on vit bien.

Plus le temps semble court, plus on vit long temps.

La masse doit recommencer comme commis.

juillet 4, 2011

La masse ne donne rien et ne demande rien. Elle passe inaperçue. Elle paye et elle agit comme elle est supposée. Elle accumule des biens et espère pouvoir tout garder lors de sa retraite. Elle ne parle a personne et elle va du point A au point B le plus vite possible. Elle est pressée, même pour retourner à la maison. Pour la masse le présent n’est plus que l’attente du futur.

Certes, il y a des restaurants, des cinémas et des crèmes glacées pour alléger le fardeau de la routine et, deux fois l’an, il y a le soleil tout inclu des Caraïbes. La masse vit comme cela, s’attribuant de minces récompenses pour des efforts qui n’en demandent plus aucun.

Une chose  que la masse ne dit plus en public depuis bien longtemps est que dans ses plus vieux secrets, ceux que l’ont retrouve derrière cette abdication commune, la masse rêve de royauté, de célébrité, de richesse et de sexe. Elle  croit réellement qu’un jour elle pourra faire partie de ce monde ou tout semble grand et facile et que tout lui sera donné sur un plateau d’argent avec le temps. Le futur est une douce promesse pour la masse qui attend. Un jour elle fera, mais en attendant, elle ne fait rien.

La masse restera toujours masse.

Ce qui fait que la masse reste masse malgré son désir d’individualité c’est qu’elle ne sait plus comment devenir les petits pas qui s’accumulent pour devenir un long parcours. Un jour quelque chose de gros va se passer qu’elle se dit.

« Je suis tanné de faire petit tout ce que j’ai fait n’a été que petit » S’insurge t’elle.

La masse est aveugle au grand qu’elle a fait car elle n’a pas fait comme elle voulait. Elle a fait comme il se doit. Aller porter un CV n’importe où dans l’unique but de faire de la petite argent et au mieux de la moyenne argent et non pas pour faire ce qu’elle aime. Dans le petit qu’elle a choisi, la masse est devenue grande mais insatisfaite.

Voici un exemple enfantin de ce qu’a choisi la masse.

Il est impossible que notre premier emploi soit gérant d’un McDonald, il faut commencer comme commis. Toutefois, si notre rêve est de devenir gérant d’un McDonald  il est primordial d’aller porter sont CV au McDonald. Il est plus complexe, malgré tous les efforts et le temps qu’on peut y mettre d’un jour devenir gérant d’un McDonald si on va travailler dans une mine. En travaillant dans une mine on deviendra probablement contremaître de la mine un jour, ce qui est un grand  accomplissement au sein d’une entreprise minière. Un grand contremaître se verra toujours petit si son rêve était autre chose pour lui.

La masse a mal choisi, elle doit recommencer comme commis.

Une tonne de briques

juin 20, 2011

J’ai écrit beaucoup sur ce qu’il y avait à faire, dans les temps libres et comme carrière. Après réflexion sur comment se trouver une passion, il en fut conclu qu’une passion n’est probablement pas une sensation intense comme les coups de foudre d’antan. Rechercher une activité qui procure un tel état est sans doute une erreur de perception très grande et mène inévitablement se condamner à rester dans un monde en attendant que. Spectateur du temps qui passe, témoin de notre stagnation, conscient de notre propre mort.

Je crois que les gens que l’on dit passionnés sont en fait des gens qui sont devenus bons à force de répéter une activité qu’ils aiment faire au départ. Ce n’est pas nécessairement une activité qui empêche de dormir ou qui fait perdre toute saveur aux autres choses, c’est plutôt à la base, quelque chose qui nous plaît, un peu, comme tant d’autres choses peuvent nous plaire.

Longtemps j’ai cru ne pas avoir de passion, j’enviais ces gens qui savaient et qui ne se posaient pas de question sur ce qu’ils allaient faire de leur vie. C’est en observant l’humain d’une manière détachée de moi que j’ai réalisé que je ne suis pas différent de ces gens qui semblent vivre d’une passion, je suis génétiquement humain et comme eux, je suis doté des mêmes capacités et du même potentiel. Le potentiel de devenir meilleur encore et encore dans une activité que je répète souvent. Tous les humains auront l’air passionnés s’ils répètent une activité qu’ils aiment avec la constance du jardinier. Là où j’ai pris du retard est pour trouver ce que j’aimerais faire, croyant que ce que j’aimerais faire me frapperait comme une tonne de brique en plein visage.

Je suis devenu un excellent serveur et au départ je n’aurais même pas mentionné ce métier dans une énumération des dix professions que j’aimerais le plus pratiquer. Suis-je un passionné du service ? Certains peut-être en on l’impression.

J’imagine que si je peux devenir excellent dans un domaine que je ne qualifie pas du mien, ce qui pourrait se passer si m’affairait à temps plein dans un autre secteur d’activité que j’aime un peu, comme tant d’autres choses que je pourrais aimer.

Je suis un expert dans mon domaine.

décembre 10, 2010

Je suis un expert dans mon domaine. J’exécute ce qui est facile d’une main de maître. Aujourd’hui par exemple, j’écris un texte qui ne sera jamais publié. Je n’ai pas de contraintes ni de date de tombée. Je peux écrire n’importe quoi et ce, sans me soucier de la syntaxe et de l’orthographe.

 

L’autre jour, dans un café, j’ai eu des idées concevables. Je peux vous en parler mais ce sera à vous de les tester dans la réalité. N’ayez craintes de profiter de mon esprit ou de me voler mes idées, avec moi, elles ne deviendront rien d’autre de toute façon. Je cherche autre chose que des bonnes idées.

 

Dans mon champ d’activité, les plus récentes avancées profèrent l’hypothèse de l’existence probable de la mère de toutes les idées : celle qui n’a pas besoin d’être réalisée. De nos jours, les docteurs de la facilité rédigent leur thèse sur ce sujet. Certaines théories élaborent que cette idée n’est en fait  qu’un dérivé de la conception du bonheur : être heureux maintenant est la meilleure idée. En surface, cet énoncé tiens la route mais en pratique, il n’est qu’un subterfuge de l’esprit. Pour être heureux dans le présent il est nécessaire de faire abstraction d’un emploi du temps à moyen ou à long terme. Pour un esprit cartésien, une telle illusion est irréalisable. Malgré le fait qu’il est possible de se dissocier des attentes de la société et de profiter des petits plaisirs quotidiens sans trop de difficulté, on ne peut masquer l’éventualité de devoir travailler, du besoin intrinsèque de s’accomplir ou encore de caresser ce rêve de liberté absolue.

 

Ce qui m’amène à dire que la meilleure idée doit inévitablement comporter un volet financier qui n’est pas directement lié au hasard. Elle doit procurer l’autonomie financière par un accomplissement personnel. Il ne faut cependant pas faire l’erreur d’interpréter que l’argent rend heureux, l’argent n’est ici que l’accessoire qui permet cette légèreté additionnelle dans la pratique de l’activité aimée et la non obligation de cesser cette dite activité autrement que par son propre chef. La vie humaine comporte des obligations et ce peu importe notre situation financière je vous l’accorde, la différence que procure l’argent est subtile, à peine perceptible. Faire la vaisselle dans un contexte d’abondance financière,  est d’autant plus plaisant que de faire la vaisselle dans un état de limitation, même si c’est fondamentalement la même tâche.

 

Être heureux maintenant ne peut donc pas être la meilleure idée. Certes, c’est en soi une très bonne idée, lorsque bien appliquée, elle rend vraiment heureux.

 

Lorsque l’on cherche une idée qui n’a pas besoin d’être réalisée et qui rend autonome financièrement, il est facile de se décourager. Plusieurs ont abandonné leurs recherches, affirmant qu’une telle idée n’existe pas. C’est un concept farfelu qui va à l’encontre même des principes fondamentaux de la vie qui stipulent que rien n’est possible sans effort.

 

Rechercher la facilité absolue, n’est-ce pas un effort en soi ?

 

Cependant, il ne faut pas négliger un autre concept fondamental de la vie qui est que la pensée crée.

 

Si personne ne cherche cette idée, croyant qu’elle n’existe pas, comment pourra t’elle être crée ?

 

La complexité des projets

septembre 20, 2010

La complexité de réaliser des projets.

Voici une idée que j’ai déjà trouvée bonne.

Je prépare un cv original et je postule pour un emploi de rêve peu importe les qualifications demandées. Ce processus faisant,  j’informe  un certain  lectorat de mes démarches.  Le résultat envisagé d’une telle idée comporte deux volets : écrire des articles publiés et l’obtention potentielle d’un emploi fantastique. La complexité de cette idée viens du fais que je n’ai pas pu trouver aucun emploi idéal.

Les critères de recherche sont les suivants : payant et facile. Critère spécifique : Plus payant et plus facile que travailler dans un bar de quartier. 

Le statut de cette idée est : attentes de suggestions.

Dans les cafés, endroit très prisé pour les gens qui veulent faire semblant d’écrire,  il nous arrive parfois de faire des observations spontanées que l’on juge  assez intéressantes, parfois à tort, de partager sur un statut facebook ou dans  un texte publié en note.

Les bébés peuvent crier dans les endroits publics sans passer pour des fous. Les grandes personnes seront considérées déséquilibrées si elles le font, mais personne n’osera le leur dire mis à part les employés quand cela devient vraiment n’importe quoi.  Pourquoi confronter un fou quand on peut simplement l’ignorer. Soit dit en passant, j’ignore aussi les bébés qui crient car je passerais sans doute pour un débile de confronter un bébé. J’en conclue que les gens qui crient dans les lieux publics, petits ou grands, on quand même la paix.

Une autre idée. Écrire un livre populaire. Le statut est le même depuis dix ans. Je n’ai pas de contenu, seulement que des introductions et des conclusions. Il est plus difficile de soutenir un cynisme grandissant, que je  me plais à identifier comme de la sagesse, pour plus de cent pages, que de parler du secret. Est-ce que je veux écrire un livre qui désillusionne les gens ou qui les illusionne, je ne suis pas sûr encore. Lequel des deux est le plus payant?

L’égo étant sorti de l’équation, la seule motivation qui demeure est celle d’atteindre l’état de paresse le plus grand : Être rentier de l’un de ses propres accomplissements. La complexité de cela est logique : pourquoi faire quelque chose pour ne rien faire quand on peut simplement ne rien faire. Il faut couper les intermédiaires.

Il m’est parfois triste de constater que même si je voyageais dans le passé, je ne pourrais rien inventer. Je pourrais parler de toute cette technologie et de l’internet mais je ne serais pas capable de rien reproduire. Il faudrait que je retourne vraiment très loin. J’inventerais le feu et la roue en même temps. Malgré ma connaissance du futur, je ne pourrais être mieux qu’un Neandertal très intelligent. Mine de rien, avec tout ce savoir à cette époque, ce serait mes gênes qui couleraient dans votre sang!

Conclusion : il faut faire des choses, mais qu’est ce qu’il y a vraiment à faire.

On pensait

juillet 21, 2010

On cherche au bon endroit en pensant que c’est ailleurs qu’il faut attendre. Les choses sont simples. Le futur n’est pas plus important qu’il n’est idéal. On prend tous du retard sur le plan original. À l’âge que l’on a, c’était supposé être déjà fait depuis des lunes, nos affaires. On se demande si quelque chose se passera, si un jour une situation donnée changera. À vingt ans on ne veut pas être ici à trente. À trente, notre vie est finie si on est encore là à quarante. Je vous gage qu’à cinquante il y a autre chose d’insoutenable. Pourtant, on pensait, on pensait, on pensait.
On veut des choses, on rêve des rêves. Tout est plus facile dans la réalité que dans les pensées. C’est l’humain, il aime se perdre dans ses pensées. On est déçu de certaines choses, mais de moins en moins. La solitude est douce et au final, n’a jamais eu rien de très effrayant.
Une femme folle des chats à dit :
« Je sauve des chats mais, je ne me sauve pas » C’est lucide, dommage que la volonté et la lucidité n’aient aucune corrélation entre elles.
Un homme utilise son boulot comme meilleure excuse pour ne rien faire d’autre, pour être potentiellement fatigué n’importe quand.
« Je suis fatigué, j’ai eu une grosse journée! » Dit-il à sa femme en arrivant à la maison. Elle oubliera un souper au restaurant et la balade en patin à roulettes pour se contenter d’une autre soirée de petit écran. Il est fatigué c’est normal, il travaille beaucoup, il n’a pas le choix. Quand notre vie est obligée, tout nous est excusé.
Pour une demi-heure d’exercice physique quotidienne, on peut passer beaucoup d’heures assis sur un divan sans que ça ne paraisse. N’est ce pas génial, pouvoir être très paresseux sans être jugé. Il suffit de le savoir avant de devenir trop gros.
« Qu’est ce qu’on fait ce soir?
- Mais qu’est ce qu’il y a à faire? »
Prendre un verre tous les soirs, ça rempli des heures et ça donne l’impression que l’on a fait quelque chose, qu’on a vu du monde. Mais, en y pensant, dire les mêmes choses aux mêmes gens, c’est un peu rien quand même. Les trucs spéciaux ne peuvent meubler que quelques soirées dans une année. Idéalement, il faut pouvoir ne rien faire sans être rongé par des remords et avoir l’impression de soi-même se décevoir. Si tu ne veux pas rien faire, va faire quelque chose ailleurs, mais ne me demande pas quoi.
« Qu’est ce que tu veux faire de ta vie, t’as des projets?
- Mais qu’est ce qu’il y a à faire? »
On dit souvent que l’égo nous fait désirer une vie remplie de choses qui ne sont pas vraiment essentielles. Le samedi on va magasiner. Être locataire, quel enfer! L’amour ou rien. Ça prend des avantages sociaux et des boulots avec des heures régulières. Avoir sa propre entreprise c’est encore mieux. C’est possible, on peut y arriver, à ne plus se tracasser avec ces possessions mais, maîtriser l’égo comporte toutefois un autre volet, un questionnement que l’on connait moins. Il ne reste plus rien à faire sans égo, plus rien à acheter, plus rien à accomplir, plus rien à désirer. Il ne reste que du temps, du temps à meubler avec des choses pas essentielles.

Pourtant, on pensait, on pensait, on pensait.

L’écrivain le plus lu du monde.

mai 28, 2010

Ça fait longtemps que je n’ai pas écrit, je préférais de beaucoup être diverti et avoir un appartement bien tenu.

Il n’y avait plus rien de l’art que je trouvais partageable, comme faire des photos de filles dont le maquillage à coulé, écrire des textes faux ayant comme sujet la mélancolie ou pire encore des textes pour illusionnés ayant comme théorie que l’on peut réaliser plein de choses extraordinaire si on veut.  Il ne faut jamais négliger que le bonheur est ordinaire, il n’est pas dans l’attente du merveilleux.

On parle souvent de cette prison invisible, celle des choix. Étrangement, la sentence pour un meurtre est la même que pour l’achat d’une maison : 25 ans. La valeur accordée à la possession est biaisée par l’égo qui ne connait que le temps des pénuries. Certes je serais bien chez vous avec tous vos meilleurs objets, mais je ne ferais rien de vraiment mieux avec. Est-ce que les canadiens ont gagné la coupe sur une télé plasma HD de 60 pouces? Est-ce que dans ton lit on peut dormir beaucoup plus que huit heures? Ton mariage est sans doute plus heureux avec ce gros diamant. J’hésite toujours à me convaincre de faire le choix de ne plus avoir le choix.

« Combien ça coûte la liberté?

-           Très cher mon petit!

-          Alors je ne m’économiserai plus! »

Je ne veux pas de ce luxe qui nous prive du plus grand.

J’aime lire des romans semi autobiographiques d’écrivains saoulards et pervers. Mis a part le fait qu’ils ne pensent qu’à baiser et à s’enivrer, ils ont choisi la liberté. Je me sens comme eux, sauf que moi  je peux faire du sport et vaquer à mes préoccupations a jeun.

Peins une toile pis vends la, écris un texte et publies le, prend une photo et expose la, écris une chanson pis chante la. L’art devrait être simple, pas précieux.

« J’ai peur que les gens n’aiment pas ça.

-          Il y a plein de taupins et d’ignares qui aiment n’importe quoi !!! »

Tu seras plus heureux riche que reconnu. Si tout était à réinventer, ma plus belle œuvre serait le papier de toilettes. On touche cent pour cent des gens, la masse comme les marginaux et ça ne passera jamais de mode. Je mettrais ces phrases que je crois si précieuses à l’intérieur de l’emballage, un peu comme les petit mots des biscuits chinois, je deviendrais alors l’écrivain le plus lu et le plus connu du monde.

Vous achèterez mes phrases parce que vous en aurez besoin.

« Le bonheur est une perception, sa quête, une déception »

Je me torche avec celle là aujourd’hui!

Merci d’avoir joint le programme.

avril 9, 2010

On parle souvent des fleurs qui, sans réserve, s’épanouissent au maximum à tous les jours. Elles n’attendent rien, surtout pas le lendemain. On peut transposer ça dans nos vies d’humains qu’ils disent. Je suis allé sourire en face du métro Mont-Royal, j’étais radieux, plusieurs personnes me retournaient une énergie positive et certains me donnaient même de la monnaie sans que je ne le demande.  Je devais avoir l’air d’un bel ahuri.

J’ai fait cinq dollars et soixante-trois sous. J’ai acheté un muffin et un café. J’ai mal aux pieds et j’ai encore faim. Il y a mon loyer, si je m’en débarrasse il fera froid cet hiver. Les fleurs meurent en hiver. Au final, la vie d’humain est plus complexe  que celle des fleurs. Je n’y suis pas retourné le lendemain.

Comme je disais, l’humain a de grands rêves mais il a aussi de grandes peurs. Il aimerait devenir riche mais il a peur de manquer d’argent. Il veut aussi connaître le grand amour mais il a peur de finir seul. L’être humain est aussi très adaptable. Il peut s’habituer à presque tous les environnements et adopter une nouvelle situation comme étant la sienne assez rapidement. Par contre, il est terrorisé par le changement, il préfère choisir de faire ce qu’il connait, toujours. Ce n’est que quand il y est forcé qu’il se force pour changer. Il ne se tanne pas facilement.

L’humanisme de Rogers et le behaviorisme de Skinner. Pour appliquer l’un, il faut appliquer l’autre.

Étape 1 : Humanisme. L’homme à des rêves adaptés en fonction de son potentiel de les réaliser

Concrètement : Trouver ce qui anime une personne, vous en l’occurrence. 

Étape 2 : Behaviorisme : La majorité des humains n’ont pas la motivation intrinsèque nécessaire pour provoquer un changement durable et significatif au niveau de leurs habitudes comportementales.

Concrètement : Quitter complètement l’environnement non désiré ou toxique et subir une immersion complète dans l’environnement souhaité pendant un minimum de 21 jours.

Certes, on ne peut pas quitter la société. Il faut plutôt parler de groupes sociaux.  Changer de groupe social lorsque l’on juge que le notre environnement est devenu désadapté, responsable de notre stagnation et de notre choix de s’y complaire.

« Je rêve de ceci mais mon environnement ne m’apporte pas cela. »

Ton rêve n’est pas unique, il y a des milliers de personnes qui le vivent à tous les jours et qui gagnent leur vie avec. Tout ce que tu peux rêver, d’autres humains l’ont déjà fait. Être millionnaire, quoi de plus commun. Devenir chanteuse, on ne peut plus banal. Partir une compagnie, le gouvernement emploie des milliers de gens pour gérer la paperasse au bureau du registraire des entreprises.

Le problème n’est pas la faisabilité, c’est le comportement, c’est notre nature.

« Je commence demain?

-          C’est nous qui te ferons commencer demain. »

L’agence

avril 8, 2010

La robe de chambre et la tasse de café enlèvent la nervosité dans les situations stressantes. Lors des meetings que les gens considèrent importants, arriver relax est l’affirmation la plus puissante.

C’est important d’effectuer la vente au client, la survie de la compagnie en dépend. Je présente toujours mon produit avec une tasse de café en main. Quelque fois je prépare un power point et j’indique quelques trucs avec un pointeur laser. Je suis calme car je ne vends pas de la merde, je n’ai pas à convaincre personne de rien. Le produit est bon, moi,  je n’ai pas besoin de l’être tant que ça. Apprends une chose, c’est croire au produit que tu vends qui te rend bon. Ce n’est pas le titre que tu as dans la compagnie, ni les années d’ancienneté, ni la cravate que tu portes. En passant, ton veston est vraiment mal coupé, il te donne une allure de petit maigrichon de l’époque où les gens portaient des vêtements trop grands.

On nous dit que l’apparence est importante. L’apparence intérieure l’est encore plus. Un gars stressé bien habillé aurait de la misère à me vendre de l’or au prix du bronze.  C’est une façon de parler, n’importe quel ahuri pourrait me vendre de l’or à si bas prix. Tu comprends le principe.

Quand je t’ai recruté dans ta compagnie, ça se voyait que tu étais  un jeune nouveau qui voulait plaire à son patron. J’imagine que quand tu te cherchais du travail après tes études, tu as lu le titre du poste : Représentant des ventes junior.  Tu as vu le salaire, tu as jugé que c’est ce que tu valais après une maîtrise et que socialement ça te donnerait la paix. Tes amis ne te poseraient pas trop de questions sur ce que tu veux faire dans la vie avec un emploi si bien rémunéré. Tu aurais pu avoir ton condo, une voiture décente et payer quelques tournées au bar durant les 5 à 7. Tu savais que junior c’est un titre pour dire qu’on est prêt à essayer à peu près n’importe qui?  Qu’est ce que tu es bon pour vendre, as-tu répondu à cette question? Je te trouvais drôle, tu me faisais penser à quelqu’un qui travaille pour la société des alcools parce qu’il veut gagner un salaire décent mais qui n’a rien à foutre du vin. Certes tu aurais fait ton bout de chemin, avec le temps, tu aurais appris une petite routine, tu aurais pu conseiller tes clients de façon théorique, sans éclat. Tu offrirais un service décent et tu paierais ton loyer et tes restaurants avec tes commissions.

Ça aurait fait un temps. Un jour tu te serais dit que tu aimerais avoir quelque chose à foutre de ce que tu fous. Ici à l’agence, c’est ce qu’on fait. On aide les gens à ne pas se foutre de ce qu’ils font.

Nous te payons pour contribuer le meilleur de toi pour le projet que tu choisiras. Tu n’as même pas à choisir parfaitement au départ car tu pourras changer en cours de route, jusqu’à ce que tu trouves ta place. Essaies plein de trucs jusqu’à ce que tu le découvres, nous ne sommes pas pressés car nous avons confiance  que lorsque tu seras au bon endroit, il n’y a pas de façon de mesurer la grandeur des choses que tu accompliras pour l’agence. Nous ne nous sommes jamais trompés à date. Il faut dire que c’est difficile de se tromper lorsqu’on ne demande qu’aux gens de trouver ce qu’ils aimeraient vraiment faire.

Tu me demandes d’où provient tout cet argent, très légitime comme question. Hé bien, elle provient de centaines de compagnies que nous avons aidé à démarrer. En supportant les esprits qui les ont créées pendant qu’ils cherchaient leur vraie place dans ce monde, nous nous sommes bâtit un capital humain d’une valeur inestimable. Grâce à l’agence, il y a des inventeurs qui ont pu inventer, des acteurs qui ont pu acter, des gestionnaires qui ont pu gérer, des hommes d’affaires qui ont pu commencer et des étudiants qui ont pu étudier. Certes, tout le monde n’est pas entrepreneur dans l’âme, tu as aussi l’option de te greffer à un projet qui t’intéresses et occuper des fonctions selon tes propres capacités. Nous œuvrons dans des milliers de domaines, il n’y a aucune raison pourquoi tu ne découvrirais pas ton génie au sein de nos entreprises.  Tu peux essayer n’importe quoi, regarde la liste. Tu commences dès demain, ton seul travail est sur toi pour commencer et après, il ne te reste qu’a contribuer du meilleur de toi même. Ne pense pas que tu es payé à ne rien faire pour le moment, ne te trompes pas, tu es payé pour trouver comment faire de l’argent, de l’argent qui vient de ta passion.

C’est ce que nous faisons, c’est ce que nous vendons. Bienvenue parmi nous!


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