Mettez-ça sur mon compte

 

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C’est la courroie de distribution qui à lâchée. Je ne comprends pas, ma voiture n’avait pourtant que 13 ans et n’affichait que 223 000 kilomètres à l’odomètre.  Évidemment tout s’arrête. J’étais sur l’île des Sœurs tout prêt de l’autoroute 10. Grâce à mes points karma, je suis tombé en panne juste avant les voies rapides, sur une petite rue tranquille à distance de pousse du stationnement d’une pharmacie.

J’avais travaillé toute la soirée, il était 4 heures du matin, j’étais complètement dans le sud-ouest de la ville et je demeure à Ahuntsic. Que faire? Je n’ai même pas commencé à chercher une solution qu’un Uber, qui passait par là par hasard, s’arrête et propose de me ramener à la maison pour la moitié du prix. Il avait travaillé plus tard que d’habitude cette nuit-là, prétextant que les affaires n’avaient pas été si bonnes. Arrivé chez moi, je lui offre dix dollars de plus que le prix demandé histoire de renflouer mon compte en termes de points.

Je n’arrive pas à fermer l’œil de la nuit, le moindre souci est une source de stress dans une vie trop confortable.

Le lendemain (4 heures plus tard), je pars en métro retrouver mon auto. Je la fais remorquer jusqu’au seul garage de l’Île des Sœurs (Il y en a peut-être d’autres, mais pas sur google map). Cela me coûte 200 dollars pour me dire que la voiture est morte et 2500$ pour acheter une nouvelle vieille voiture. Je la négocie un peu, fait un test routier, une ronde sommaire et je repars avec une heure plus tard. Je ne sais pas combien de points coûte d’acheter une voiture de 2005 sans magasinage, ni inspection mais j’espère que j’en ai assez. Sinon, ça pourrait me coûter du vrai argent!

Je me trouve un peu stupide mais ce qui est fait est fait, devant un geste accompli, il ne reste que les « T’aurais peut-être dû » mais qu’est-ce que ça vaut désormais.

Moi qui suis plutôt du genre à attendre jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour faire quelque chose, je dois dire que je me suis surpris. Le sentiment que procure l’action et la spontanéité n’est pas du tout désagréable. Si j’avais fait ce qui est plus raisonnable, je serais reparti en métro et j’aurais dû investir encore plusieurs heures à magasiner un autre véhicule sans nécessairement avoir plus de cautionnement au final. Dans le monde des vieux tacos, les garanties n’existent pas.

Parfois, payer le prix d’un geste irréfléchi peut s’avérer moins cher que celui d’une réflexion dépourvue d’action. Seul le temps nous le dira. Du moins, c’est ce que je me dis pour m’apaiser.

L’action et les erreurs en opposition avec l’attente et la prudence. C’est un choix difficile car il est facile de militer pour chacune des options. Peut-être que la solution se retrouve encore une fois au milieu entre les deux, mais étant depuis longtemps dans la classe du moyen, j’ai envie d’essayer autre chose que le milieu.

Il est temps de changer un peu. Voyons si pour un temps, l’action spontanée me réussis mieux que l’attente calculée. Voyons si m’exposer à commettre des erreurs me rapporte plus que d’attendre que tout soit parfait.

David Malo

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En me relisant

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Comme j’écrivais bien il y quelques années. Quand je voulais en vivre j’y mettais les efforts, j’écrivais tous les jours. J’avais même commencé une chronique sur le site web d’Urbania, d’ailleurs beaucoup d’entre vous m’ont connu là. J’avais quelque chose à dire, j’avais le courage de le dire.

Mes textes reflétaient en tout point l’espoir d’une action significative, qu’un jour j’oserais tout, qu’un jour je pourrais toucher ce que je voyais dans mes écrits. Une petite maison moderne vitrée avec des panneaux solaires, la conquête, ne serait-ce que partielle, des doutes et de la peur, de l’entraide locale mais aussi internationale, des compliments donnés gratuitement et une confiance rayonnante dans un monde cent pourcent lumière. J’écrivais là-dessus, j’étais tout mignon.

Mon but premier a toujours été la liberté, je ne m’en suis jamais caché. D’une certaine manière j’ai réussi un certain degré de liberté. Je ne suis pas obligé de tant travailler à cause de mon niveau de vie ridiculement bas. Toutefois, ce ne fut jamais assez pour me donner la paix d’esprit. La liberté que je souhaite, ne peut être partielle, elle doit être absolue. Je pense que la liberté absolue peut s’obtenir de deux manières et l’une de ces manières dépends largement de l’autre. Pour être vraiment libre, il faut acquérir l’indépendance financière ou bien, occuper un travail que l’on aime vraiment.

Je ne pense pas, à moins d’un grand hasard, qu’obtenir l’indépendance financière à un jeune âge soit probable sans avoir préalablement trouvé sa voix. La passion mène au travail et le travail mène à la richesse. Lorsque le travail est un devoir, il mène à la paresse, l’attente et à la déchéance. On ne se dégrade pas tant au niveau physique, ni au niveau social, mais plutôt au niveau moral. On voit notre potentiel s’effriter peu à peu, on se retire, on se referme de plus en plus sur soi-même et on se vide d’espoir jusqu’à la dernière goutte. Heureusement que la dernière goutte, c’est elle qui compte le plus. Avec cette dernière goutte, il est possible de tout reconstruire.

À l’aube de mes 40 ans, la question est toujours demeurée la même. Ma voix, quelle est-elle? La voix qui rend l’action évidente et l’attente ridicule. On a beaucoup de temps, jusqu’à ce que le temps fini par passer. La peur de rater sa vie, l’urgence de faire quelque chose mais quoi?

Aujourd’hui, c’est juillet 2017, il est 11h30. Ce matin je me suis levé tôt, j’ai succombé à mon vice qu’est l’internet pendant 3 heures, je croyais avoir perdu une autre journée aux mains de cette cruelle dépendance, comme j’en ai perdu tant d’autres ces dernières années.  C’est avec une conscience lourde que je me suis levé du divan. Épuisé par la paresse, j’ai pris mon vélo jusqu’au parc et écrit ce texte. Je l’ai écrit sachant qu’il ne me rendrait pas riche à lui seul, qu’il ne serait pas si important, je n’avais rien à attendre de lui.

Est-ce une action significative, je ne crois pas. En fait, je ne pense pas qu’une seule action puisse avoir ce pouvoir. L’importance de l’action est dans son nombre et dans sa constance. Les changements durables dépendent tous de leur intégration dans une routine.

Ma force a toujours été la routine, à moi d’en construire une meilleure.

Vais-je publier ce texte, est-il assez valable, en suis-je fier? Heureusement que je n’ai pas à me soucier de tous ces détails, étant donné qu’il n’est pas si important que ça.

Bonne journée!

David Malo

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La promesse du pauvre

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 Quand je serai riche…

 Lorsque l’on enlève les biens matériels de l’équation, la liberté que l’on obtient en étant riche et celle dont on hérite en étant pauvre sont très similaires. Il s’agit dans les deux cas de la quête du temps libre.

Précédemment, dans la recherche du plus grand potentiel, l’argent était toujours pris en grande considération. Selon un pauvre, pour être vraiment libre, il ne faut pas être obligé de travailler. La liberté c’est le pouvoir d’occuper son temps dans une activité qui relève entièrement de nos choix, et ce, sans contrainte de temps ni d’argent. Le prix de cette liberté nécessite bien sûr une quantité considérable d’argent. Une quantité d’argent assez grande pour qu’elle puisse faire disparaître l’argent de l’équation. Un succès financier tel que le coût des choses n’est plus qu’une simple information et non une contrainte à une réalisation. La recherche d’une telle liberté est souvent sans fin, car pour obtenir une telle somme sans être héritier, il faut déjà occuper notre temps libre selon notre plein potentiel. L’argent est souvent le résultat de la liberté plutôt qu’un moyen de l’obtenir.

Pour n’avoir que du temps, ça prend de l’argent. Tel est la croyance d’un pauvre qui attend toujours à plus tard pour commencer à vivre selon ses ambitions.

Certains diront que si nous ne sommes pas obligés de faire quelque chose, rien ne se fera. C’est un principe selon lequel les êtres vivants choisiront toujours le chemin qui offre le moins de résistance pour leur survie. Riches et libres, les gens s’entasseraient donc sur les plages et ne feraient que des activités oisives. Cela ne durerait bien sûr qu’un temps, car aucun riche ou homme libre n’est à l’abri de la faim et de la soif. Une plage sans cuisinier, serveur ni toilette fonctionnelle perdrait de son attrait bien rapidement. Nous redeviendrions tous, avec le temps (très peu de temps même) : chasseurs, cueilleurs et agriculteurs. Toutefois, dans une société de notre ère, cela ne se produira pas, car la richesse n’est pas un droit, mais bien une récompense pour un effort fourni. Chacun a le potentiel de devenir riche ou si vous préférez, libre.

Lorsque l’on évoque notre éventuelle et souhaitable liberté, il n’est pourtant jamais question de devenir libre pour ne rien faire, c’est même le contraire. Il est toujours question d’un engagement beaucoup plus grand. Un engagement de soi si intense et si plein de sens qu’il aurait, à notre impression, le pouvoir de changer des vies, voire même de changer le monde. Certes, au début il y aurait peut-être les plages et les voyages, mais bien assez vite, il n’y aurait plus que du temps, trop de temps pour simplement le gaspiller futilement dans son entièreté. C’est à cette jonction que la quête des riches et celle des pauvres se rejoignent. Lorsqu’il ne reste que du temps, la quête d’un sens plus grand fait inévitablement surface.

La quête d’un sens plus grand, contrairement à ce que l’on peut croire, ce n’est pas aussi noble que de devenir celui qui réussit à éradiquer la famine dans les pays en développement ni même celui qui lance des expéditions novatrices dans l’espace. Le seul véritable sens significatif est celui que l’individu juge être à sa juste valeur. Si chaque individu trouve un sens à l’utilisation de son propre temps, nous vivrions impérativement dans un monde meilleur. Un monde avec des tourments sociaux certes, mais qui seraient amplement compensés par la force des individus agissant dans la vie en réalisant leur véritable potentiel.

La promesse des pauvres est souvent précédée d’une condition qui les contraint dans une attente sans fin et une vie plus terne que nécessaire :

« Quand je serai riche… je pourrai faire ceci et cela »

Les plus chanceux réaliseront, un jour où il ne sera pas encore trop tard, que ce n’est pas d’attendre d’être libre pour faire ceci et cela mais que c’est plutôt de trouver le ceci et le  cela qui les rendront libres.

David Malo

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Lettre envoyée à Sid Lee (A ce jour encore sans réponse)

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Un agencement de synapses

Par David Malo

Tout ce que nous sommes et ce vers quoi nous tendons n’est que le résultat d’un échange d’électricité entre neurones. La somme de tout ce que j’ai fait me mène ici aujourd’hui, à vous écrire ceci. Nul ne pouvait prédire qu’après toutes ces heures de télévision, de travail, de sorties et de conversations avec les gens, que je serais dans la section carrière du site web de Sid Lee en janvier 2013.

 

Pourquoi maintenant, pourquoi pas il y a dix ans ou l’an prochain? Trouver une explication à ce processus cognitif serait une démarche à la fois très complexe et farfelue. Quelles qu’en soient les raisons, toutes ces synapses font que c’est maintenant que ça se passe et je ne lutte plus contre cette idée, qu’elle soit d’une logique implacable ou d’une rationalité douteuse, je lui donne suite sans savoir à quoi m’attendre et sans trop penser à ce que je n’ai pas encore appris à faire.

 

J’ai lu quelque part, surement dans un livre, que pour être en mesure d’accueillir le changement, il faut concentrer nos énergies à créer du nouveau plutôt que les investir à combattre le vieux.

 

C’est en quelque sorte dans cette optique que je vous fais parvenir cette lettre sous forme d’article et non un CV afin de vous démontrer mon intérêt de collaborer avec vous. Mon CV n’étant que le résumé de mes anciennes habitudes et l’écriture étant la nouvelle direction que je souhaite donner à ma carrière.

 

En me promenant dans la section carrière de votre site web, j’y ai vu une phrase qui m’a convaincu d’être à la bonne place :

 

«  Aucun poste qui convient à votre profil? On veut voir votre CV quand même. Si votre profil a retenu notre attention, on vous trouvera un poste ou on en inventera un, on l’a déjà fait! »

 

Sachant maintenant que vous avez cette philosophie du possible, j’ose donc vous exprimer mon idéal : J’aimerais collaborer sur vos projets en tant que concepteur / rédacteur.

 

En guise de référence, je participe depuis quelque temps comme blogueur pour le site web d’Urbania sous mon « branding » d’homme moyen dont voici le lien :

 

http://urbania.ca/canaux/chroniques/3465/les-aventures-de-lhomme-moyen-1

 

J’ai aussi mon blogue personnel que vous pouvez aller visiter:

 

https://davidmalo.wordpress.com/

 

Comme la solution est toujours dans l’action, voici celle que je pose aujourd’hui envers Sid Lee.

 

J’existe.

 

David Malo

 

 

Se résume ainsi

 

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La vie du rêveur se résume ainsi : briser chaque rêve sur la réalité de ses propres limitations. Mais parfois, quand tout espoir semble enfantin, il arrive qu’un rêve assez fort fende cette même réalité et que les rôles se retrouvent inversés. La réalité vole alors en éclat devant ce rêve que rien ne peut arrêter.

 

Quand je fais du jogging, j’élève parfois mes bras vers les côtés, tendus comme des ailes d’avion. J’accélère le pas graduellement. Secrètement je pense toujours que cette fois-ci je vais m’envoler. Souvent ça marche. Les soucis sont tellement petits vus de là-haut. Quand on regarde la terre de l’espace, il faut avoir un microscope pour voir l’argent pour laquelle on s’en fait tant. Il n’y a que l’immensité de notre petitesse dans l’univers, les grands espaces, les montagnes et l’eau turquoise. Il y a ces milliards d’années et l’inouïe chance de pouvoir expérimenter la vie dans cet environnement ultra hostile qu’est la Voie Lactée.

 

J’atterris ensuite sur une plage vierge d’un pays sans moustique en tenant la main d’une belle avec les dents  très blanches et un regard très franc. Je deviens le plus drôle et stable comme un gros rocher que personne ne peut déplacer. Je ressens que pour elle, il n’y a que moi. Dans le temps, il n’y a que nous, vêtus de vêtements amples et blancs. Le rire des enfants qui tourne en cercle autour de nous et les châteaux de sable.

 

En guise de loisir, j’utilise ma super faculté de pensée magique et soudainement tous les humains sont verts et plus personne n’a faim. Le pouvoir devient personnel, sa quête, une longue méditation et non l’exploitation des autres ou d’une ressource à laquelle on a attribué une valeur.

 

De là-haut, la peur n’est qu’une machination pour donner l’impression de l’impossible. Si elle n’existait pas, tout serait beaucoup trop facile. Nous serions tous riches, un peu comme l’enfant qui demande sans compter. Le jour bien triste où nous nous sommes contentés de moins et de prendre seulement ce que l’on nous donnait est à jamais oublié et est enseigné dans les cours d’histoire comme la période la plus sombre de l’humanité. L’époque où le bonheur était un vague souvenir, remplacé par un bien moyen généralisé est un sujet devenu tellement désuet que plus personne ne se donne la peine d’en parler.

 

La fin du vol annonce un autre nouveau départ et la poursuite d’un rêve toujours un peu plus grand.

 

Se résume ainsi la vie du rêveur.

Ce que je connais

Le téléphone sonne. Je réponds. C’est quelqu’un que je connais. Le cas échéant, j’aurais laissé la boîte vocale prendre le message. Un inconnu, c’est annonciateur de changements, d’engagements ou de dépenses. Choses que je me force d’éviter depuis bien longtemps.

L’ami connu me propose du connu. Nous irons déjeuner.

Je connais les déjeuner. On va souvent à la même place et on commande en alternance les deux mêmes plats. Pas pressés, avec le repas et les cinq cafés, cette opération prend environ deux heures.

Ensuite, dans un lieu public avec mon portable,  je connais écrire des textes d’une page. Parfois je les publie sur Facebook, parfois je ne les montre à personne.

Ma journée confortable se complète par une séance d’exercice. Souvent du jogging, parfois du hockey. Pour gagner de l’argent, je sers de la bière à temps partiel.

Voilà ce que je connais. Je dormais bien quand c’était comme ça. Maintenant ce n’est plus le cas.

Avec le temps, ce que je connais est devenu de plus en plus petit. Trop peu d’espace il y a entre les cinq kilomètres carrés où sont situées la totalité de mes activités. Cette peur du changement s’est peu à peu transformée en un désir pour ce même changement.

Changer, je ne sais pas comment. Tous mes efforts furent à ce jour déployés pour conserver le pareil. Pour changer, il faut que je quitte ce que je connais et en dehors de ce que je connais, je ne connais rien.

J’attends désormais avec impatience l’appel des inconnus.